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Playing with John Baldessari and machines (1) / 2024
Ce projet s’inscrit dans un geste performatif où l’artiste engage un dialogue expérimental avec un réseau neuronal grand public (Clipdrop Stable XL), en écho et en tension avec les protocoles photographiques de John Baldessari. Deux expériences sont reproduites dans cette édition. Elles n’ont pas consisté à produire des images mimétiques de John Baldessari, mais à activer l’aptitude du modèle à générer des formes par l’écart, par la faille et à l’artiste de déceler des corrélations ou des figures improbables dans ce flux de millier d’images produites en continu. Ce qui se joue dans ces deux projets, c’est la possibilité de considérer l’IA non comme un outil de production, mais comme un partenaire de jeu : une altérité algorithmique qui, par sa manière de toujours produire — et de produire de l’écart —, oblige à repenser ce que veut dire « image », ce que veut dire « texte », ce que veut dire « jeu » dans l’espace de l’art. L’enjeu n’est pas de savoir ce que Baldessari « aurait fait » de ces modèles d’images génératives, mais de percevoir, dans cette rencontre anachronique, un champ de possibles où l’art devient ce qui se joue entre le langage, la vision et l’hallucination machinique. Le prompt utilisé (volontairement très vague) est constitué des mots récurrents : Jouer, performer avec John Baldessari, + variables (d’objets, de formes, de fond…), ce qui oriente le modèle à produire d’improbables images à partir du même prompt.
This project is part of a performative gesture in which the artist engaged in an experimental dialogue with a consumer neural network (Clipdrop Stable XL), echoing and contrasting with John Baldessari’s photographic protocols. Two experiments are reproduced in this edition. Their aim was not to produce mimetic images of John Baldessari, but rather to activate both the model’s ability to generate forms through deviations and flaws, and the artist’s ability to detect correlations or improbable figures in this flow of thousands of continuously produced images. What is at stake in these two projects is the possibility of considering AI not as a mere production tool, but as a playmate: an algorithmic otherness which, by its very nature of constantly producing—and producing deviation—forces us to rethink what “image” means, what ‘text’ means, what “play” means in the space of art. The issue is not to define what Baldessari “would have done” with these generative image models, but to perceive, through such an anachronistic encounter, a field of possibilities where what is at stake between language, vision, and machine hallucination becomes art. The (deliberately very vague) prompt that was used consisted of these recurring words: play, perform with John Baldessari, and of some variables (objects, shapes, background…), which directed the model to produce unlikely images from the same prompt.
Performance 1/
Trois espaces ont été choisis comme territoires d’expérience : La nature, la ville, le white cube / l’atelier
Les formes de prompt qui ont été utilisées pour cette performance ne sont pas des prompts détaillés qui auraient amené à la création “d’images d’imitation“ des œuvres photographiques de John Baldessari, mais plutôt à des images maladroites convoquant le phénomène d’apophénie. Le prompt utilisé est issu de l’analyse de certaines œuvres (sujet, concept, protocole, dispositif…) et est le substrat de la création d’images improbables que Baldessari aurait pu ou pas expérimenter avec ce nouvel outil. Ce prompt peu précis quant à la description de l’image attendue, permet de laisser l’IA halluciner, car étant en mode “sans échec“ elle produit toujours une image statistique aussi proche de ce qu’elle envisage de la commande du prompt, en lien avec l’entraînement spécifique du modèle, avec sa logique propre.Ici l’enjeu a été de jouer contre la machine, en continu pendant plusieurs semaines et de la pousser à imaginer d’autres expériences possibles .Cette performance est présentée sous la forme de plusieurs polyptyques, dont un extrait est présenté dans cet ouvrage, Une sorte de screenshot temporel balayant un ensemble d’expériences photographiques de John Baldessari et de leurs possibles déplacements par le jeu artiste/prompt/machine.
Performance 1/
Three spaces were chosen as areas of experimentation: nature, the city, and the white cube/studio. .
The prompts used for this performance were not detailed prompts that would have led to the creation of “imitation images” of John Baldessari’s photographic works, but rather clumsy images evoking the phenomenon of apophenia. The prompt used was based on the analysis of certain works (subject, concept, protocol, device, etc.) and was the substrate for the creation of improbable images that Baldessari would or would not have experimented with this new tool. This prompt, which was vague in its description of the expected image, allowed the AI to hallucinate, because in “safe mode” it must always produce a statistical image as close as possible to what it has understood from the prompt command, in line with the specific training of the model and its own logic. Here, the challenge was to play against the machine continuously for several weeks and push it to imagine other possible experiences. This performance is presented in the form of several polyptychs, an excerpt of which is shown in this book, a sort of temporal screenshot sweeping through a set of photographic experiences by John Baldessari and their possible modifications through the artist/prompt/machine game.



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